Mon interview dans le magazine CESEC sur les recommandations du CESE pour redynamiser l’OIF

Le magazine trimestriel du Conseil économique, social, environnemental et culturel de Côte d’Ivoire (CESEC) m’a consacré deux pages dans le numéro spécial de mai dédié au Bureau de l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires des Etats et gouvernements de la Francophonie (UCESIF) et à la réunion de l’Association Internationale des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions Similaires (AICESIS) qui se sont tenus en mars dernier à Abidjan.

Dans ces deux pages, que le magazine m’a autorisée à reproduire ci-dessous, j’expose les principales préconisations de l’avis sur « Le rôle de la France dans une francophonie dynamique » (voir le lien PDF) que j’ai porté en janvier au Conseil économique, social et environnemental (CESE), au nom de la section affaires européennes et internationales.

La francophonie face aux enjeux de la mondialisation

LES RECOMMANDATIONS DU CESE POUR REDYNAMISER L’ORGANISATION

En 2018, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) de France a souhaité mettre la francophonie à l’honneur en ouvrant l’année avec une assemblée plénière le 10 janvier, consacrée à la présentation et au vote de son avis : « Le rôle de la France dans une francophonie dynamique ». A l’occasion de la réunion du Bureau de l’UCESIF organisée par le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) de Côté d’Ivoire le 7 mars dernier, La rapporteure, Madame Marie-Béatrice LEVAUX (section des affaires européennes et internationales) a fait la promotion de cet avis adopté à l’unanimité des membres du CESE  Français.

L’état des enjeux de la francophonie

Aujourd’hui, la francophonie regroupe plus de 274 millions de personnes sur les 5 continents et la langue française est la 5ème langue la plus parlée au monde. Les projections les plus optimistes, fondées sur l’évolution démographique attendue de l’Afrique, tablent sur 750 millions de francophones à l’horizon 2050.

Les enjeux de la Francophonie sont donc élevés : affirmation d’une diplomatie d’influence transnationale à destination des sociétés civiles, accès à l’éducation et à la formation pour toutes et tous dans des langues mondiales véhiculaires, accroissement des échanges entre pays de l’espace francophone dans un sens compatible avec le développement durable, … Ces enjeux correspondent à des objectifs de politique étrangère de la France sur la scène internationale.

 

L’éducation doit être la priorité de l’Organisation

Parmi ses préconisations phares, le Conseil souhaite clarifier les missions de la Francophonie multilatérale en la recentrant sur l’éducation. Le CESE recommande à la France, membre fondateur et premier contributeur de la Francophonie, de s’impliquer plus dans l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et dans l’espace géoculturel francophone. Enfin, le CESE, en tant que chambre de la société civile organisée, préconise de resserrer les liens entre les différentes sociétés civiles de cet espace géoculturel.

Il souhaite que la Francophonie institutionnelle soit renforcée avec une nouvelle feuille de route politique, en particulier sur la promotion de l’éducation lors de forums multilatéraux de négociation comme au sein de ses Etats membres. Selon le Conseil, la perte d’influence de la langue française peut être combattue grâce à l’éducation et il faut voir en elle une priorité face aux défis démographiques auxquels l’Afrique, espace privilégié de la francophonie, est confrontée. Le CESE souhaite que la mission de la Francophonie multilatérale soit recentrée sur l’Objectif de Développement Durable n°4 de l’ONU : « assurer l’accès de toutes et tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». L’éducation est un objectif prioritaire dans les pays de l’espace francophone, sachant que la promotion du français comme langue première, seconde ou comme langue étrangère dépendra des efforts publics consacrés à l’éducation.

La nécessité d’accroître le rôle de la France,

Pour le CESE, la France a un rôle majeur à affirmer dans la Francophonie institutionnelle. En tant que puissance mondiale, elle peut, par son implication dans les Sommets de la Francophonie, participer à l’élaboration d’un agenda des négociations internationales plus favorable au développement durable. Son rôle doit se manifester par une implication de haut niveau dans les instances de la Francophonie et une participation attentive à la gouvernance de l’OIF, de sorte que les priorités politiques inscrites dans la Charte de la Francophonie puissent être mises en œuvre. En outre, l’assemblée préconise la création d’un ministère de plein exercice de la francophonie, dont les missions intégreraient l’ensemble de l’action gouvernementale en matière de francophonie. Le Conseil souhaite également encourager les échanges entre les personnes au sein de la francophonie en facilitant les démarches administratives concernant les visas mais aussi favoriser l’essor d’une culture francophone mondiale en soutenant financièrement davantage l’offre des chaînes francophones.

La société civile francophone, une richesse à mettre en réseau

Le CESE préconise de reconnaître et institutionnaliser les liens entre les sociétés civiles des pays francophones par la création d’un partenariat institutionnalisé avec l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires francophones (UCESISF). L’éducation au français étant la priorité de la francophonie pour le CESE, l’assemblée souhaite faire de l’enseignement du  français un thème de mobilisation des actrices et acteurs reconnus(es) des sociétés civiles de ces pays avec un forum des sociétés civiles francophones en faveur de l’éducation et de la formation.

Enfin, le CESE est convaincu que la francophonie doit aussi être réinvestie sur le plan national. « Redonner l’envie de francophonie en France » lui semble essentiel, d’où sa volonté d’accueillir, chaque année la journée internationale de la francophonie. Cet événement mobilisera tous les acteurs de la société civile, qui, par leurs actions nationales et internationales, font la richesse de la francophonie. Mais il sera surtout l’occasion pour les acteurs de suivre la mise en œuvre des préconisations contenues dans l’Avis adopté en Janvier dernier par le CESE français.

Auteur: M.B. Levaux

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